Stress EBA 2014

Le 29 mars dernier, l’EBA (Autorité bancaire européenne) a publié les scénarios et la méthodologie définitive pour son exercice de stress couvrant plus de 140 banques européennes. Tous les documents publics sont d’ailleurs disponibles sur le site de l’EBA.

L’objectif de ce stress-test, qui s’inscrit dans l’ensemble de l’Asset Quality Review Comprehensive Assessment (merci Bastien) est de refonder la confiance dans le système bancaire européen, par l’amélioration de l’informations (AQR phase 1, achevée), une revue en détail des actifs et des provisions (AQR phase 2, en cours) et une évaluation de la résistance des banques à un nouvel épisode de crise économique (AQR phase 3, le stress-test). L’exercice est particulièrement complexe en raison de la multiplicité des parties prenantes : les régulateurs nationaux, l’EBA et la BCE, cette dernière prenant en novembre la supervision des banques de la zone euro, mais aussi l’ESRB (Commission Européenne), qui a été sollicitée pour établir le scénario économique de référence (Baseline).

Dans le cadre de mes fonctions, je participe activement à la définition des méthodes employées et à la réalisation des estimations. Pour toutes les banques impliqués, il s’agit d’un exercice très significatif, qui mobilise beaucoup les équipes.

L’ensemble de l’exercice, ainsi que sa réception par les marchés, l’opinion publique et la BCE elle-même seront probablement très intéressants à analyser, dans la mesure où l’exercice a une ampleur et une ambition supérieures à celles des exercices précédents.

Ajout du 19 août 2014 : pour les lecteurs intéressé, la BCE a publié des manuels détaillant les prochaines étapes de l’exercice. Il contient des informations qui n’étaient pour l’instant pas publiques.

Stress tests à la Société Générale

 

J’ai intégré en septembre 2011 le Département des risques de la Société Générale, au sein de l’équipe dédiée à la conception des méthodes des tests de résistance. J’y suis chef de projets.

La fonction de cette équipe est de développer des méthodes de stress des portefeuilles et entités du Groupe Société Générale qui répondent tant aux besoins en termes de gestion des risques qu’aux exigences réglementaires. Au sein de cette équipe, mon travail porte plus particulièrement sur l’articulation d’ensemble des méthodes ainsi que leur cohérence avec les scénarios économiques servant de base aux exercices de stress.

L’équipe occupe une position de carrefour au sein du dispositif de gestion des risques. Nous recueillons les besoins des lignes métier et des gestionnaires de risque spécialisés, développons des méthodes répondant à ces besoins et formons les équipes d’exécution à l’utilisation de ces méthodes. L’équipe ayant également un rôle de proposition pour l’identification et le traitement des risques émergents, nous disposons d’une vision transversale de l’activité du groupe bancaire et d’un rôle de veille réglementaire.

Quel rapport avec mon travail de thèse ? À peu près aucun sur le contenu. En revanche, les compétences acquises au cours de ma thèse ont été déterminantes dans ma sélection pour ce poste. Structurellement, il s’agit d’une équipe au profil très quantitatif, la plupart des collaborateurs ayant une formation d’ingénieur avec une spécialisation en mathématiques financières. Ma formation d’économiste quantitatif me permet d’assurer une meilleure jonction entre les modèles statistiques, s’appuyant souvent sur des approches et des données au niveau micro, et les travaux macroéconomiques du Département d’économie. Le travail de thèse en lui-même m’apporte un recul et un rapport aux travaux de recherche différent de celui d’ingénieurs qui n’ont pas été spécifiquement formés par la recherche. Je retrouve également dans mon travail de rédaction de documents de référence et de formation les éléments constitutifs de l’écriture d’articles de recherches et de vulgarisation ainsi que ceux de l’enseignement supérieur.

Avec ce poste, je suis passé à une vision interne du secteur bancaire, de la gestion des risques au contact direct avec les métiers. J’ai aussi découvert la structure très hiérarchisée qui est la norme dans les grandes entreprises française.

Autre nouveauté pour moi, l’encadrement. Dans le cadre de mes travaux, j’ai fréquemment recours à des analystes de l’équipe pour réaliser des tâches que je n’ai pas le temps ou les compétences de réaliser moi-même. Je coordonne également un certain nombre de projets transversaux ce qui implique la mise en place d’une organisation et d’un suivi.